Demain, je viens te voir, c'est promis... demain, je viens te voir... Tu n'es pas si loin d'ici... Il faut juste du beau temps et un peu d'énergie... Oui, je sais, je suis jeune, en pleine vie, j'ai toujours plus d'énergie que toi... Toi qui ne peux plus courir, qui ne peux plus marcher, qui ne peux plus parler, qui ne peux plus grandir... C'est l'injustice juste que commet irrépressiblement le temps... C'est tragique, on ne peut rien y faire... C'est normal...
Mais ne t'inquiète pas, je viens demain, et tu n'auras pas besoin de parler, je parlerais à ta place... J'ai tant de chose à te dire... tant de chose à confier à ton éternel et froid silence. Les choses bougent si vite ici, le monde cours partout comme un seul homme, un homme fou et tourne, tourne, change d'orbite tout les quart d'heure, et tourne n'importe comment, laissant sur le chemin historique de l'eau, du feu, du sang! Ah... Si tu pouvais les voir ma chérie, si tu pouvais me voir, moi et mon putain de c½ur... Mon c½ur qui suit le monde, l'imite sans limites, sans pouvoir, sans savoir et sans vouloir se l'interdire.
Demain, je viens, c'est une promesse, oui, demain, je serai près de toi, au chevet de nos jolies souvenirs, au chevet de ton rire, de ton sourire, de tes mots, de tes intonations, une larme au chevet de mes paupières... J'apporterai une rose rouge, tu sais, comme la dernière fois.... J'enlèverai les rubans, délivrerai la fleur de son manteau infâme de plastique et la poserai sur ton lit.
Je te raconterai tous, je n'ai rien à te cacher, tu ne diras rien, tu m'écouteras raconter... Et tant pis si Dieu entend et qu'il se voit offusqué de tel histoire chuchoté dans un lieu sacré... Moi, je ne crois pas en Dieu!
Pourtant, ne blêmit pas, tu es déjà si blanche, rassure toi, demain, malgré mon athéisme, je viendrais mains en croix, silencieuse, sage et pieuse... Je viendrai, rassure toi.
Si je ne crois pas en Dieu, ce n'est pas grave... Tu sais, ma petit Reine, moi, je ne crois qu'en toi.
Pourtant, je ne pourrai pas rester longtemps, comme je te l'ai dit, le monde marche si vite ici et je ne voudrais pas perdre sa trace, perdre ma place.
La vie c'est toute ma vie. Tu le sais, tu as vécu toi aussi.
Je reprendrai ma vie et toi tu reprendras ta mort.
Moi sur terre et toi sous terre.